Face aux effets de plus en plus marqués du changement climatique en Guinée, les communautés rurales, en particulier les femmes, demeurent parmi les plus exposées aux risques climatiques et environnementaux. Ces vulnérabilités accentuent les inégalités sociales et fragilisent durablement les systèmes agricoles locaux.
Dans ce contexte, ACORD Guinée poursuit son engagement en faveur d’une agriculture résiliente, inclusive et sensible au genre, à travers le renforcement des capacités des acteurs locaux.
Avec l’appui du CCFD-Terre Solidaire, en collaboration avec le GRET et la Fédération des Paysans du Fouta Djallon (FPFD), ACORD Guinée a organisé un atelier national à Kindia, du 29 au 31 janvier 2026, placé sous le thème: «Agriculture-Changement climatique-Genre ».
Cet atelier a réuni des organisations paysannes, des acteurs de la société civile, des ambassadrices et ambassadeurs du climat, ainsi que des organisations soutenues par le programme FACE (Féministes pour des Alternatives Climat et Environnement).
La rencontre a également bénéficié de la participation de Madame Biliga Koivogui, Cheffe du service Genre et Équité au Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, dont la contribution a enrichi les échanges sur l’intégration du genre dans les politiques climatiques nationales.
Cet atelier s’inscrit dans la continuité d’une première phase de formation organisée en avril 2025, consacrée à la compréhension du changement climatique et à l’appropriation d’outils de sensibilisation. À l’issue de cette phase, des plans d’action régionaux ont été élaborés afin de soutenir les initiatives de sensibilisation communautaire et la collecte d’informations climatiques locales.
Ibrahima Soumaoro, Responsable programme à ACORD Guinée, a rappelé la vision et les objectifs stratégiques de l’organisation.
« Cet atelier vise à aider les communautés à mieux comprendre les enjeux liés au changement climatique. Depuis la première session de renforcement des capacités organisée en avril 2025, nous avons identifié et mis en place des ambassadrices et ambassadeurs du climat dans toutes les régions naturelles du pays. Aujourd’hui, ces acteurs disposent d’une bonne compréhension des enjeux climatiques et des outils nécessaires pour accompagner les communautés, en particulier les producteurs à la base, dans leurs efforts d’adaptation. Près de 40 participants, issus des quatre régions naturelles de la Guinée, notamment les organisations de la société civile, organisations paysannes, techniciens et personnes ressources, ont pris part à cet atelier de trois jours. Notre objectif est de renforcer leurs capacités afin qu’ils puissent répondre efficacement aux préoccupations majeures des communautés dans leurs localités respectives. »
La formation a reposé sur des approches participatives favorisant l’appropriation des enjeux par les participants, notamment :
la Fresque du Climat, pour analyser les liens entre activités humaines, agriculture et changement climatique ;
l’approche écoféministe, mettant en lumière le rôle et les réalités spécifiques des femmes ;
des outils d’animation participative tels que le théâtre-forum, le bingo climatique et le débat mouvant ;
des échanges collectifs, orientés vers l’identification de solutions locales d’adaptation et de résilience.
À l’issue de l’atelier, un plan d’action régional a été consolidé, intégrant les outils présentés et maîtrisés par les participants. Sa mise en œuvre sera assurée par les Ambassadrices et Ambassadeurs du Climat, afin de renforcer durablement les capacités locales d’adaptation au changement climatique.
Mamadou Saidou Bah, ambassadeur du climat et acteur communautaire engagé, a partagé son expérience et les changements induits par les formations reçues.
« Je remercie ACORD Guinée pour cette opportunité de participer à ces programmes de renforcement des capacités. Les thématiques abordées durant ces trois jours nous permettront d’être encore plus présents sur le terrain. Cette formation vient renforcer ce que nous avons déjà appris et mis en pratique. Personnellement, j’ai mené des activités de sensibilisation auprès des paysans à travers l’outil de la Fresque du Climat développé lors du premier atelier, afin de leur expliquer les enjeux liés au changement climatique. »
ACORD Guinée adresse ses sincères remerciements au CCFD-Terre Solidaire pour son appui technique et financier, notamment à travers la participation de Madame Émilie Leroux, Chargée de programmes-Mission Partenariat Golfe de Guinée, ainsi qu’au GRET pour l’accompagnement assuré par ses formateurs tout au long du processus.
À travers cette dynamique, ACORD Guinée etses Partenaires réaffirment une conviction forte : l’adaptation au changement climatique se construit avec les territoires, par les acteurs locaux, et en plaçant les femmes au cœur des solutions.
La gestion durable et équitable des terres constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour le développement de la Guinée. C’est dans cette dynamique que ACORD Guinée (Association de coopération et de recherche pour le développement), en partenariat avec la Plateforme Multi-Acteurs sur la Gouvernance Foncière (PFMA) et la Confédération Nationale des Organisations Paysannes de Guinée (CNOP-G), a lancé à Kindia, du 07 au 08 novembre 2025, une session régionale de formation consacrée au renforcement des capacités des acteurs clés de la gouvernance foncière.
Avec l’appui technique et financier du Comité Technique Foncier et Développement (CTFD), cette activité a réuni plusieurs représentants venus de la Basse Guinée et de la Moyenne Guinée. L’objectif est d’outiller ces acteurs pour maitrise des innovations introduites par la Politique Foncière Agricole (PFA) et son articulation avec la Politique Foncière Nationale (PFN). Pour ACORD Guinée cette formation permet également à ces acteurs d’être mieux préparés à jouer un rôle actif dans la mise en œuvre des réformes foncières, mais aussi dans la sensibilisation des communautés et le plaidoyer auprès des décideurs .
Depuis plusieurs années, la question foncière est au cœur des préoccupations rurales en Guinée. Conflits entre agriculteurs et éleveurs, litiges sur les terres héritées ou disputes entre communautés… autant de situations qui fragilisent la cohésion sociale et freinent le développement agricole. C’est pourquoi le renforcement des capacités des acteurs locaux apparaît comme une condition essentielle pour une gouvernance foncière apaisée et durable. En favorisant une meilleure compréhension des politiques foncières nationales, cette initiative entend promouvoir une appropriation locale des réformes, gage de leur succès sur le terrain.
Au-delà de la formation, les sessions régionales organisées par ACORD Guinée offrent un espace de concertation et d’échanges entre les différents acteurs : représentants d’administrations locales, élus, organisations paysannes, et membres de la société civile. Ces moments de dialogue permettent d’identifier les difficultés rencontrées dans l’application des textes, de partager les bonnes pratiques et de proposer des solutions adaptées aux réalités locales.
L’un des points forts de cette démarche réside dans la cohérence recherchée entre la Politique Foncière Agricole (PFA) et la Politique Foncière Nationale (PFN). En clarifiant les rôles et responsabilités des différents acteurs, ces politiques visent à garantir un accès équitable à la terre, tout en sécurisant les droits fonciers des exploitants agricoles, notamment des femmes et des jeunes ruraux, souvent marginalisés dans les processus décisionnels.
En initiant ces sessions de formation dans les différentes régions, ACORD Guinée et ses partenaires contribuent à poser les bases d’une gouvernance foncière équitable, transparente et participative. Une gouvernance qui, à terme, devrait renforcer la sécurité alimentaire, réduire les conflits d’usage des terres et favoriser le développement économique local.
Cette initiative, saluée par les participants, marque une étape importante dans le processus de mise en œuvre des réformes foncières en Guinée et illustre l’engagement des acteurs nationaux à construire un avenir plus juste et plus durable pour les communautés rurales.
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A travers un décret officiel, le Président de la Transition, Général de Corps d’Armée Mamadi Doumbouya, a promulgué le 25 mai dernier la Loi portant l’Orientation Agricole en Guinée. Un texte juridique qui a été préalablement examiné et adopté le 7 février 2024 par les Conseillers Nationaux de la Transition.
Ce document composé de 13 titres, 50 chapitres et 235 articles a pour objectif de faciliter le développement agricole et faire de la Guinée une puissance agricole.
Aujourd’hui, le défi actuel pour les organisations paysannes agricoles, les acteurs de la société civile et les communautés est de faire de cette loi un véritable outil de développement socio-économique, politique et culturel.
C’est dans cette perspective que ACORD Guinée et la CNOP-G, en collaboration avec le CODEC, ont organisé un atelier le samedi 29 juin 2024 à Kindia pour vulgariser les principales dispositions de la Loi afin d’assurer une mise en œuvre efficace et participative de ce texte.
Mamadi Koivogui Coordinateur Adjoint du CODEC
Ce document juridique répond à plus de 80% des aspirations des populations paysannes, selon Mamadi Koïvogui, Coordinateur Adjoint du CODEC (Collectif des Organisations de Défense des droits des communautés impactées par les projets de développement en Guinée) : « Il faut dire que cette loi est une avancée significative dans le cadre de la gouvernance agricole dans notre pays. Pour rappel, c’est un instrument juridique dont la mise en place était attendue depuis quelques années, qui relève bien évidemment du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage. Donc le CODEC que je représente ici a été pleinement impliqué dans l’amélioration du document afin de s’assurer que le contenu prenait en compte l’ensemble des aspirations légitimes des populations paysannes, ce qui n’était pas le cas dans les premières lois. C’est ce que nous avons réussi à faire à collaborer de manière très proche avec les ministères concernés pour parvenir à un document consistant, consolidé et répondant aux aspirations de notre entendement et à l’entendement de la population locale pour lesquelles nous défendons. Pour le contenu, je ne peux pas revenir sur tous ces détails, mais je peux vous assurer que le contenu répond à plus de 80% des aspirations des populations paysannes ».
Mamadou Goita Directeur Executif de lIRPAD
Cette Loi est l’aboutissement d’un long processus incluant toutes les parties prenantes. Le consultant malien, Mamadou Goïta, Directeur Exécutif de l’Institut de Recherche et de Promotion des Alternatives pour le Développement (IRPAD) basé à Bamako, est revenu sur les origines de son implication dans ce processus : « Personnellement, j’ai eu le privilège, à la demande de la société civile guinéenne, d’accompagner cette dynamique depuis près de trois ans, en contribuant dans les ateliers d’analyse mais aussi en reflétant un peu la perception par rapport au document lui-même, mais aussi et surtout en attirant l’attention sur les fondamentales sur lesquelles il faut travailler dans un tel processus. La Guinée a précisé dans le texte que les semences locales qu’elles soient des semences paysannes ou traditionnelles vont être valorisées. Ça c’est une spécificité de la Guinée. Ensuite, quand on prend le dispositif institutionnel, c’est vrai que ça rentre dans le cadre des autres pays comme le Mali, mais il y a eu une précision de taille. C’est à dire, il y a un avantage en termes de nombre de participation de la société civile, mais aussi la société civile agricole de façon spécifique ».
Mme Aissata Yattara
La Confédération des Organisations paysannes de Guinée collabore depuis quelques années avec l’ONG ACORD Guinée dans le cadre de la mise en œuvre de certaines d’activités en lien avec le collectif. Elle a été représentée dans cette initiative par Mme Aïssata Yattara. Pour elle, l’un des avantages de la mise en place de cette Loi est qu’elle prend certains aspects en compte, tels que le rayonnement, l’autonomisation et l’émancipation du monde paysan en Guinée : « La loi d’orientation agricole a beaucoup de dispositifs. Quand vous prenez le document de façon globale, il y a 13 dispositifs répartis en chapitres et en articles pour pouvoir accompagner le monde paysan dans la mise en œuvre de ses activités. L’esprit de cette loi, à mon avis, permet le rayonnement, mais également l’autonomisation et l’émancipation du monde paysan. Quand vous parcourez le document à travers le dispositif, toutes les dispositions qui sont décrites dedans vous allez vous rendre compte qu’elles sont là pour accompagner le monde agricole à se développer et améliorer ses conditions de vie ».
Mamady Diaby de la CNOP-G
La rencontre a permis à certains participants de s’approprier du contenu de ce texte de Loi. C’est le cas de Mamady Diaby de la CNOP-G de la région administrative de Faranah. Ce dernier se dit très heureux d’avoir participé à cet atelier et promet de faire la restitution dès son retour auprès des siens : « Nous sommes très heureux que cette Loi ait vu le jour en Guinée. A travers sa lecture aujourd’hui, je me rends compte qu’elle traduit fidèlement la préoccupation des paysans. Il est donc de mon devoir maintenant d’aller à la base dans les radios communautaires, dans les organisations paysannes, pour lire et expliquer le contenu de cette Loi. Car la plupart des paysans ne comprennent pas le français. Donc il faut aller leur expliquer en langue pour être mieux orientés sur le terrain’’.
Avant de lever la séance, le Directeur-Pays de ACORD GUINEE, a tenu à féliciter et remercier les participants pour leur engagement inconditionnel pour la cause du monde paysan. M. Macky Bah se dit très séduit par cette motivation : « On a compris que ce n’est pas l’argent qui vous a fait venir ici, c’est la motivation d’apprendre et de comprendre et d’en faire de cet outil un instrument de travail pour aider la Guinée à avancer dans son agriculture. Encore merci une fois de plus à toutes et à tous et bon retour à vous dans vos familles respectives ».
Il faut rappeler que cette rencontre a été organisée sur financement de SMF, à travers le Collectif, avec la participation d’une quarantaine de personnes venues des organisations de la société civile, des organisations paysannes agricoles, des représentants des communautés, des techniciens et conseillers de la CNOP-G, des représentants de la coordination et les médias.