Formation : les acteurs locaux renforcent leurs compétences pour une gouvernance foncière moderne

Formation : les acteurs locaux renforcent leurs compétences pour une gouvernance foncière moderne

Durant deux jours, les 28 et 29 novembre 2025, un atelier de formation s’est tenu dans un réceptif hôtelier de Conakry. Organisé par la Plateforme Multi-Acteurs sur la Gouvernance Foncière (PFMA), la Confédération Nationale des Organisations Paysannes de Guinée (CNOP-G) et ACORD-Guinée, avec l’appui technique du Comité Technique « Foncier & Développement » (CTFD), l’événement a réuni plusieurs acteurs institutionnels, communautaires et agricoles.

L’objectif était, d’une part, de renforcer leurs capacités en matière de gouvernance foncière afin de leur permettre de maîtriser les innovations de la Politique Foncière Agricole (PFA) et de mieux comprendre son articulation avec la Politique Foncière Nationale. D’autre part, il s’agissait de les outiller pour qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle dans la mise en œuvre des réformes foncières, la sensibilisation des communautés et le plaidoyer auprès des décideurs publics.

Dans son intervention, le responsable des programmes à ACORD-Guinée, Ibrahima Soumaoro, a rappelé l’importance du processus inclusif ayant conduit à l’élaboration de la Politique Foncière Agricole.

« La Politique Foncière Agricole a été élaborée à travers un processus participatif exemplaire, impliquant les organisations paysannes, la société civile, les collectivités locales, les services techniques déconcentrés, ainsi que les femmes et les jeunes. Elle constitue aujourd’hui un référentiel cohérent et inclusif pour une gestion responsable du foncier agricole. Elle comporte des innovations majeures en matière de reconnaissance des droits légitimes, de sécurisation décentralisée et de fonctionnement des commissions foncières locales, tout en intégrant les principes de justice sociale, d’équité, de genre et de durabilité environnementale. »

Le représentant du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), Mohamed Oularé a, pour sa part, exprimé la reconnaissance du département et souligné les enjeux stratégiques du foncier en Guinée.

« Au nom du ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, je remercie chaleureusement les participants et les organisateurs de cet atelier de formation sur la réforme foncière agricole. La question foncière agricole demeure l’un des enjeux majeurs de la gouvernance territoriale en Guinée. Elle conditionne non seulement la sécurité alimentaire et le développement de nos communautés rurales, mais aussi la stabilité sociale, la gestion durable des ressources naturelles et la vitalité de nos territoires. »

Il a ensuite rappelé l’engagement du gouvernement ainsi que le rôle transversal du MATD dans le processus foncier.

« Conscient des défis, le gouvernement a engagé une réforme d’envergure visant à clarifier les droits, sécuriser les exploitants et moderniser l’administration foncière. Cet atelier constitue un moment privilégié pour renforcer les capacités des acteurs locaux, harmoniser les pratiques et approfondir la compréhension des nouvelles orientations institutionnelles et juridiques. Il permet surtout de consolider la collaboration entre les services déconcentrés de l’État, les collectivités locales et les organisations professionnelles agricoles afin d’assurer une mise en œuvre cohérente et efficace des activités. Le MATD demeure un partenaire central de la gestion foncière, en raison de son rôle intersectoriel dans la coordination territoriale, l’appui aux collectivités et le suivi des procédures administratives. »

Il faut rappeler que cet atelier marque une étape importante dans la dynamique de modernisation du foncier en Guinée. Après les étapes de Kindia et de Kissidougou, cette session de Conakry vient renforcer davantage la montée en compétences des acteurs locaux, dans la perspective d’une gouvernance foncière harmonisée à l’échelle nationale.

Renforcement des capacités des OPA sur les systèmes semenciers paysans en Guinée : un pas important vers la souveraineté semencière

Renforcement des capacités des OPA sur les systèmes semenciers paysans en Guinée : un pas important vers la souveraineté semencière

Mamou, Guinée – 10 au 11 avril 2025. À l’initiative de la Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain (COPAGEN-Guinée), avec l’appui financier du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD Terre Solidaire), l’ONG Association de Coopération et de Recherche pour le Développement (ACORD-Guinée) a organisé à Mamou un atelier national de renforcement des capacités sur les systèmes semenciers paysans. Cet événement a réuni 21 acteurs clés venus des quatre régions naturelles de Guinée, parmi lesquels des représentants d’Organisations de Producteurs Agricoles (OPA), de la société civile et des institutions agricoles nationales.
 
Des semences paysannes au cœur de la souveraineté alimentaire
Animé par Anne Berson Dema, experte en systèmes semenciers, l’atelier a permis aux participants d’explorer les multiples enjeux liés aux semences paysannes : souveraineté alimentaire, protection de la biodiversité, résilience face aux changements climatiques, et indépendance vis-à-vis des systèmes industriels. Grâce à une approche interactive, les participants ont été informé sur le contenu des cadres juridiques (nationaux et internationaux), les pratiques de gestion des semences paysannes, ainsi que les stratégies de plaidoyer à adopter pour leur reconnaissance officielle.
 
Un plan d’action structuré en trois axes
 
Les travaux en groupes ont débouché sur la formulation d’un plan d’action national articulé autour de trois axes stratégiques :
• Axe 1 : Renforcement des systèmes semenciers paysans dans les terroirs, avec la valorisation des savoirs locaux et l’amélioration de la qualité à travers des outils comme la « case vivante ».
• Axe 2 : Veille et plaidoyer pour la reconnaissance juridique des semences paysannes dans les politiques publiques et leur protection contre la domination des systèmes semenciers industriels.
• Axe 3 : Structuration du COASP-Guinée à l’échelle régionale et nationale, en mettant l’accent sur la communication interne et externe.
 
Structuration du mouvement semencier en Guinée
 
L’atelier a également servi de cadre à l’élection du comité de coordination du COASP-Guinée, composé d’un Réfèrent National, d’un chargé de communication et de quatre points focaux régionaux. Cette équipe est chargée de dynamiser le réseau, de suivre la mise en œuvre du plan d’action et de porter la voix de la Guinée au sein du Comité Ouest-Africain des Semences Paysannes.
Les participants sont repartis avec des supports pédagogiques et techniques pour appuyer concrètement la gestion des semences paysannes dans leurs localités respectives.
 
Témoignages de terrain
 
Diaby Mamady, élu régional de Faranah et Référant National du COASP en Guinée, a salué l’approche de la formatrice :
« Elle nous a partagé l’expérience du Mali sur les systèmes semenciers paysans et nous a offert des pistes concrètes pour rendre notre structure plus dynamique et efficace. C’est un honneur que mes pairs m’aient choisi pour représenter la Guinée. Si chaque année tu es obligé d’importer ta semence, tu n’as pas de souveraineté. Il faut produire soi-même pour être libre. »
 
Aminata Sada Diallo, productrice à Mamou et point focal COASP, a également exprimé son enthousiasme :
« J’ai compris que les semences, c’est aussi une affaire de dignité. Quand une femme peut conserver et transmettre ses semences, elle transmet aussi son histoire. Cet atelier m’a donné les outils pour mieux mobiliser mon groupement et porter notre voix dans les débats agricoles. »
 
Une dynamique à poursuivre
 
Cette rencontre a consolidé une dynamique régionale portée par les acteurs de terrain, en synergie avec les partenaires techniques et financiers. Le soutien constant de l’ONG ACORD-Guinée a été particulièrement salué pour son rôle clé dans l’accompagnement des OPA sur les enjeux fonciers, juridiques, et de gouvernance agricole.
 
En conclusion, l’atelier de Mamou marque un tournant dans la lutte pour la souveraineté semencière en Guinée, avec un mouvement paysan plus structuré, formé, et prêt à défendre ses droits. La mobilisation se poursuit désormais sur le terrain, avec l’objectif clair de bâtir des systèmes alimentaires durables, équitables et respectueux des droits des paysan.ne.s.